Certains instants vous coupent du monde. On ne pense plus à ce(ux) qui nous entoure(nt). Et ces paroles que tu venaient de prononcer me coupèrent de la realité. Je voulais rester près de toi. Un désir de vivre ce qu'on avait à vivre. Je m'emparais de tes lèvres comme simple réponse. Tu riais aux éclats. Dans une pulsion, je nous poussais sous la pluie. Tu me serras plus fort que jamais, ton souffle perdu dans mon cou, tes cheveux titillant ma joue, tes doigts descendant le long de mon échine. Tout n'était que sincérité à cet instant. Nous étions plus heureux que jamais, une bulle où aucun de nous n'avait remarqué que nous nous donnions en spectacle malgré nous. De l'autre côté de la rue, plusieurs paires d'yeux nous scrutaient, amusés, d'autres moins. Et tu croisais sans le vouloir le regard de mon père. Il ne t'effrayait pas, bien au contraire et tu étais plus que déterminé à me garder auprès de toi.
Quelques jours plus tard, ta main crispée serrait la mienne dans un hall d'aéroport. Si moi je riais de la démarche de ton frère devant nos yeux, ton visage trahissait ta peur. Tu avançais si lentement devant moi que je te marchais à répétition sur tes talons. Tu me foudroyais du regard, un semi-sourire suspendu à tes lèvres et je te priais d'avancer plus vite en te poussant de toutes mes forces. J'avais toujours du mal à comprendre pourquoi l'avion t'effrayais plus que ses milliers de furies qui hurlent ton nom dix fois par jour. Je rejoignis ton jumeau plus loin qui eu la bonne idée d'entamer une course sur le strapontin. Inutile de préciser que Tom Kaulitz, son baggy et ses dreads se sont rapidement retrouvés au sol. Tu l'emjambais en le traitant de gamin et me tendis ta main. Et de mon bras je faisais le tour de ta taille tandis que tu passais une main dans la poche arrière de mon jean. Le sol de l'avion tremblait sous nos pieds. Tu avais choisi, sans nous consulter, la place la plus éloignée du hublot. Et je compris rapidement qu'à gauche comme à droite, il y aurait un Kaulitz à mes côtés. Tu relevas l'accoudoir qui nous séparait pour être davantage proche de moi. J'enfouis ma tête dans ton cou, puis tu scellas nos lèvres jusqu'au décollage. Je croisais nos doigts durant la totalité du vol. Ce fut lorsque tes pieds foulèrent à nouveau la terre ferme que tu nous sortis ta phrase fêtiche et habituelle, jusqu'à la prochaine fois.
Quelques jours plus tard, ta main crispée serrait la mienne dans un hall d'aéroport. Si moi je riais de la démarche de ton frère devant nos yeux, ton visage trahissait ta peur. Tu avançais si lentement devant moi que je te marchais à répétition sur tes talons. Tu me foudroyais du regard, un semi-sourire suspendu à tes lèvres et je te priais d'avancer plus vite en te poussant de toutes mes forces. J'avais toujours du mal à comprendre pourquoi l'avion t'effrayais plus que ses milliers de furies qui hurlent ton nom dix fois par jour. Je rejoignis ton jumeau plus loin qui eu la bonne idée d'entamer une course sur le strapontin. Inutile de préciser que Tom Kaulitz, son baggy et ses dreads se sont rapidement retrouvés au sol. Tu l'emjambais en le traitant de gamin et me tendis ta main. Et de mon bras je faisais le tour de ta taille tandis que tu passais une main dans la poche arrière de mon jean. Le sol de l'avion tremblait sous nos pieds. Tu avais choisi, sans nous consulter, la place la plus éloignée du hublot. Et je compris rapidement qu'à gauche comme à droite, il y aurait un Kaulitz à mes côtés. Tu relevas l'accoudoir qui nous séparait pour être davantage proche de moi. J'enfouis ma tête dans ton cou, puis tu scellas nos lèvres jusqu'au décollage. Je croisais nos doigts durant la totalité du vol. Ce fut lorsque tes pieds foulèrent à nouveau la terre ferme que tu nous sortis ta phrase fêtiche et habituelle, jusqu'à la prochaine fois.
« Finalement, c'était pas si terrible. »
*
Je peux déjà te voir raide, droit et immobile sur ton siège, Gustav garde patiemment son calme, les yeux assurément posé sur un livre, Georg harcèle chaque hôtesses pour se remplir le ventre, et Tom remue à tout va. Je peux déjà voir tes genoux trembler, tes mains devenir moites, tes yeux qui restent fixés sur les hôtesses, ceux de ton frère aussi pour une toute autre raison. Je peux sentir ta peur entre Paris et Hambourg. Seulement cette fois, tu l'affrontes sans moi. Ma main ne rejoint pas la tienne. Elle se pose sur un accoudoir entre Paris et Berlin. Je ne t'ai pas cédé malgré ces mots et d'eux, j'eu l'impression de me trouver en face d'un enfant. "Tu veux" sans te soucier de ce que je voudrais. Je t'ai accordé un dernier baiser au coin de mes lèvres, une dernière étreinte, un dernier je t'aime auquel je n'ai pas répondu, avant de te demander de partir sans te retourner. Et le ciel nous a séparé l'un de l'autre mettant par la même occasion un énorme point d'interrogation sur notre relation. Et je foule le sol berlinois apaisée, légère, comme libérée d'un poids. Je suis chez moi. Dans la rue j'hèle difficilement un taxi et m'engouffre dans le premier qui daigne s'arrêter pour mes beaux yeux. Le trajet m'ennuie, me paraît durer des heures.
Le soleil du matin se faufile dans ma chambre, dessinant un carré de lumière sur mes draps. J'y dépose mes pieds nus pour profiter de la chaleur. Me réveiller sans toi à mes côtés me parait étrange. J'avais presque oublier cette chambre, cette literie pourpre, ce ciel de lit immaculé que je vois en ouvrant les yeux, ce parquet foncé qui craque sous les pieds. cette ordre qui change de tes vêtements éparpillés, au mur ces photos où tu n'étais pas encore, cette pièce recrée comme celle que j'avais à Hambourg, cette vie d'avant que j'avais touchée du bout des doigts - l'espace du déménagement - avant de te rejoindre. Mon odeur sans la tienne ne m'ai presque plus familière. J'enjambe la valise que je n'ai pas eu le temps d'ouvrir depuis hier soir. Je saisis mon sac pour découvrir que ton jumeau a déjà pris le temps de m'appeler. L'appartement en lui même, faute de l'avoir si peu vu, ne m'est en rien familier. J'y prendrais mes marques en temps voulu. Je pénètre dans la cuisine où mon père y termine son café. J'embrasse sa peau mal rasée et l'observe du coin de l'oeil. Je me fonde cet avis depuis hier : il a changé. J'ai peine à voir qu'il a pris un coup de vieux. Ses cheveux sont de plus en plus grisonnants, ses joues sont plus creusées qu'à l'accoutumée et le voyant traverser la pièce, je remarque qu'il n'a plus la même energie. Il n'a rien d'une vieille personne ça non, mais si tu le voyais, tu le trouverais sans aucun doute extremement différent, si ce n'est sa propension à faire tourner sa langue. Et tout en avalant mon thé brûlant, il me questionne sur la vie avec le groupe. J'essaye d'esquiver sa curiosité depuis hier soir mais là, je ne peux plus me dérober. Je ne m'étend en aucun cas sur ton sujet. Si il a finit par accepter que je repousse mon entrée à l'université, je doute de sa réaction si il lui vient à l'esprit que je l'ai fait pour vivre une histoire qui n'allait ( peut être ) pas durer. Je lui répond à demi-mot, m'arrêtant sur les meilleurs moment avec vous. Et en y repensant, un sourire involontaire se dessine sur mes lèvres. Ma tasse vidée, mon père s'étant eclipsé pour travailler, je regagne mes draps quelques instants pour finir au pied de ma valise que j'ouvre bruyamment. Mes yeux se posent un bout de tissu qui t'appartient, ton écharpe que Tom a du glisser discrètement dans mes affaires. Ce qui m'étonne de ton jumeau, c'est qu'elle soit incroyablement bien pliée. Le Tom que je connais l'aurais roulée en boule avant de la caler dans un coin de la valise. D'ailleurs, avec sa discrétion, je l'aurais sans doute pris la main dans le sac. Je sens ma poche vibrer. Et comme si ton frère devinait chaque instant où il se trouve dans mon esprit, je lis son prénom sur l'écran.
Le soleil du matin se faufile dans ma chambre, dessinant un carré de lumière sur mes draps. J'y dépose mes pieds nus pour profiter de la chaleur. Me réveiller sans toi à mes côtés me parait étrange. J'avais presque oublier cette chambre, cette literie pourpre, ce ciel de lit immaculé que je vois en ouvrant les yeux, ce parquet foncé qui craque sous les pieds. cette ordre qui change de tes vêtements éparpillés, au mur ces photos où tu n'étais pas encore, cette pièce recrée comme celle que j'avais à Hambourg, cette vie d'avant que j'avais touchée du bout des doigts - l'espace du déménagement - avant de te rejoindre. Mon odeur sans la tienne ne m'ai presque plus familière. J'enjambe la valise que je n'ai pas eu le temps d'ouvrir depuis hier soir. Je saisis mon sac pour découvrir que ton jumeau a déjà pris le temps de m'appeler. L'appartement en lui même, faute de l'avoir si peu vu, ne m'est en rien familier. J'y prendrais mes marques en temps voulu. Je pénètre dans la cuisine où mon père y termine son café. J'embrasse sa peau mal rasée et l'observe du coin de l'oeil. Je me fonde cet avis depuis hier : il a changé. J'ai peine à voir qu'il a pris un coup de vieux. Ses cheveux sont de plus en plus grisonnants, ses joues sont plus creusées qu'à l'accoutumée et le voyant traverser la pièce, je remarque qu'il n'a plus la même energie. Il n'a rien d'une vieille personne ça non, mais si tu le voyais, tu le trouverais sans aucun doute extremement différent, si ce n'est sa propension à faire tourner sa langue. Et tout en avalant mon thé brûlant, il me questionne sur la vie avec le groupe. J'essaye d'esquiver sa curiosité depuis hier soir mais là, je ne peux plus me dérober. Je ne m'étend en aucun cas sur ton sujet. Si il a finit par accepter que je repousse mon entrée à l'université, je doute de sa réaction si il lui vient à l'esprit que je l'ai fait pour vivre une histoire qui n'allait ( peut être ) pas durer. Je lui répond à demi-mot, m'arrêtant sur les meilleurs moment avec vous. Et en y repensant, un sourire involontaire se dessine sur mes lèvres. Ma tasse vidée, mon père s'étant eclipsé pour travailler, je regagne mes draps quelques instants pour finir au pied de ma valise que j'ouvre bruyamment. Mes yeux se posent un bout de tissu qui t'appartient, ton écharpe que Tom a du glisser discrètement dans mes affaires. Ce qui m'étonne de ton jumeau, c'est qu'elle soit incroyablement bien pliée. Le Tom que je connais l'aurais roulée en boule avant de la caler dans un coin de la valise. D'ailleurs, avec sa discrétion, je l'aurais sans doute pris la main dans le sac. Je sens ma poche vibrer. Et comme si ton frère devinait chaque instant où il se trouve dans mon esprit, je lis son prénom sur l'écran.
« - C'est devenu si ennuyant Hambourg ?
- Je m'ennuie de toi. J'ai personne pour me suivre pour aller danser, personne à qui jouer de la guitare.
Personne sur qui tester mes nouvelles techniques de drague. Et qui va me tartiner de crème maintenant ?
- Bill
- Celui là. Tu sais ça lui a vraiment foutu un coup que tu partes de ton côté...
(...)
- Ta future belle soeur alors.
- Comme si tu étais remplaçable Zoïa.
- J'ai l'impression d'être partie pour toujours quand je t'entends parler.
Tu crois pouvoir te débarrasser de moi ?
- J'espère bien que non.
(...)
- Vrai. Au faite, merci pour l'écharpe de Bill dans ma valise.
- C'est pas moi.
Personne sur qui tester mes nouvelles techniques de drague. Et qui va me tartiner de crème maintenant ?
- Bill
- Celui là. Tu sais ça lui a vraiment foutu un coup que tu partes de ton côté...
(...)
- Ta future belle soeur alors.
- Comme si tu étais remplaçable Zoïa.
- J'ai l'impression d'être partie pour toujours quand je t'entends parler.
Tu crois pouvoir te débarrasser de moi ?
- J'espère bien que non.
(...)
- Vrai. Au faite, merci pour l'écharpe de Bill dans ma valise.
- C'est pas moi.
