Depuis ma quinzième année, mon père était chargé de l'organisation - entre autres - de vos concerts. C'était à lui de trouver les salles où vous alliez vous produire, de contacter les responsables, de vérifier chacune d'entre elles, d'établir si elles étaient aux normes, de veiller au bon déroulement de la chose. Plus vous deveniez célèbres et plus les salles se multipliaient en taille et en nombre. Il parlait de vous longuement durant les diners familiaux et à force, cela m'ennuyait presque. J'en étais à l'age où les parents et ce qu'ils font n'intéressent pas réellement, l'âge des copains-d'abord, l'âge des premières fois, l'âge des premières crises, et de ça, la relation avec mon père se ternit quelque peu jusqu'à mes dix-sept ans. Son travail l'accaparait et lorsqu'il rentrait, je n'étais qu'un courant d'air. Un jour il m'invita à découvrir les coulisses de son travail. Et sous l'accord de David, je le suivis pendant deux mois de l'une de vos tournées d'été. Pour David, il était bien clair que je devais garder mes distances avec vous, rester dans l'ombre et ne pas déranger; ce que je fis le plus simplement du monde. C'était sans compter sur la curiosité maladive d'un certain Tom qui très vite me gratifia de sourires et de clins d'oeil. J'y répondais timidement n'oubliant pas que David veillait au grain sur ses protégés. J'assistais mon père dans tout ce qu'il entreprenait pour vous satisfaire et je prenais très rapidement mes marques, sympathisant au passage avec l'équipe.
Au bout de deux semaines, David relacha la pression. C'est ainsi que je fis d'abord la conaissance de ton frère que j'apprenais déjà à apprécier. J'aimais la simplicité et il en débordait tellement. Gustav gardait ses distances et je ne le croisais presque jamais seul. Je pris tes regards silencieux pour de la fierté et tu m'intimidais tellement que je n'osais lever les yeux vers toi. Un jour tu commenças à faire attention à moi, à me parler, et tu ne t'arrêtas plus jamais. D'ailleurs tu ne t'arrêtas pas là. Et alors que je me rapprochais de Georg, tu débutas ce jeu entre nous. Ton assurance me subjuguais et je m'y laissais rapidement prendre. Je découvris jour après jour l'étendue de ton talent sur scène et en dehors. Et le jeu commença réellement lorsque je fus complètement dedans. J'accentuais chacune de nos étreintes - amicales - en me collant davantage contre toi, en soufflant discrètement dans ton cou. Chaque fois que nous étions entourés, je m'arrangeais pour passer près de toi. Tu frôlais l'une de mes mains,accrochais ton auriculaire au mien un court instant et des frissons envahissaient mon corps. Chaque baiser sur l'une des mes joues dérivait dangereusement au coin de mes lèvres. Et chacune de nos discussions redoublaient de sourire et de regards équivoques. Et finalement il s'avéra un jour que j'étais plus forte que toi.
Vous alliez bientôt entrer en scène et l'euphorie qui régnait dans la salle se faisait entendre des loges. David, plus stressé que jamais m'envoya compter le nombre de guitares de ton frère histoire que j'arrête de m'agiter autour de lui. Il me le dit sur un ton qui ne plu pas plus que cela mais je m'exécutais en pestant contre lui à voix basse. Avant que je n'atteigne les dites guitares, tu apparus de je ne sais où et saisissant ma main, tu m'entraînas à travers les coulisses le plus discrètement possible, m'attirant avec toi dans un coin sombre. Tu me plaquas contre le mur le plus proche pour la énième fois de la journée. Tu t'aventuras dans mon cou et malgré tout ça, j'essayais de te résister. Ce fut cependant la première fois où tu ne t'arrêtas pas là et l'instant suivant tu goûtas à mes lèvres. Ton souffle se mêla au mien dans une étreinte qui fut écourtée par des voix scandant ton prénom. En scène.
Au bout de deux semaines, David relacha la pression. C'est ainsi que je fis d'abord la conaissance de ton frère que j'apprenais déjà à apprécier. J'aimais la simplicité et il en débordait tellement. Gustav gardait ses distances et je ne le croisais presque jamais seul. Je pris tes regards silencieux pour de la fierté et tu m'intimidais tellement que je n'osais lever les yeux vers toi. Un jour tu commenças à faire attention à moi, à me parler, et tu ne t'arrêtas plus jamais. D'ailleurs tu ne t'arrêtas pas là. Et alors que je me rapprochais de Georg, tu débutas ce jeu entre nous. Ton assurance me subjuguais et je m'y laissais rapidement prendre. Je découvris jour après jour l'étendue de ton talent sur scène et en dehors. Et le jeu commença réellement lorsque je fus complètement dedans. J'accentuais chacune de nos étreintes - amicales - en me collant davantage contre toi, en soufflant discrètement dans ton cou. Chaque fois que nous étions entourés, je m'arrangeais pour passer près de toi. Tu frôlais l'une de mes mains,accrochais ton auriculaire au mien un court instant et des frissons envahissaient mon corps. Chaque baiser sur l'une des mes joues dérivait dangereusement au coin de mes lèvres. Et chacune de nos discussions redoublaient de sourire et de regards équivoques. Et finalement il s'avéra un jour que j'étais plus forte que toi.
Vous alliez bientôt entrer en scène et l'euphorie qui régnait dans la salle se faisait entendre des loges. David, plus stressé que jamais m'envoya compter le nombre de guitares de ton frère histoire que j'arrête de m'agiter autour de lui. Il me le dit sur un ton qui ne plu pas plus que cela mais je m'exécutais en pestant contre lui à voix basse. Avant que je n'atteigne les dites guitares, tu apparus de je ne sais où et saisissant ma main, tu m'entraînas à travers les coulisses le plus discrètement possible, m'attirant avec toi dans un coin sombre. Tu me plaquas contre le mur le plus proche pour la énième fois de la journée. Tu t'aventuras dans mon cou et malgré tout ça, j'essayais de te résister. Ce fut cependant la première fois où tu ne t'arrêtas pas là et l'instant suivant tu goûtas à mes lèvres. Ton souffle se mêla au mien dans une étreinte qui fut écourtée par des voix scandant ton prénom. En scène.
*
« - Suis moi Zoïa.
- Ne me dis pas que tu as encore faim. »
- Ne me dis pas que tu as encore faim. »
Pour unique réponse, ton frère m'entraîne vers une cuisine apparemment déserte de l'hôtel. L'heure du dîner est largement dépassée et Tom a jugé plus drôle de s'y aventurer au lieu d'appeler le room-service et de se faire livrer dans sa suite. Il avance en crapahutant comme si il redoutait de se faire prendre. Je le suis docilement et rien que le fait d'enclencher l'interrupteur réussi à le faire sursauter. L'immense cuisine s'illumine et Tom disparaît rapidement derrière la porte de l'un des frigos. Je me dis que ça doit être de famille ce genre d'attitude. Je pourrais facilement te voir à sa place, t'empiffrant comme lui d'une montagne de glace-chantilly. Et pourtant aucun de vous n'a l'air de prendre ne serait-ce qu'un gramme. Je remercie ton jumeau de cette après-midi, cette promesse qu'il a tenue autant qu'il a pu et en quelque sorte à ta place. Je suis passée dans notre chambre où tu n'étais plus. Tom lui a retrouvé ses vêtements xxl et pense pour sa part que tu avais besoin de prendre l'air. Ton écharpe ne quitte plus mon cou et pendant que ton double se rassasit de tout ce qui lui tombe sous la main, je m'imprègne à nouveau de ton odeur.
« - Qu'est-ce que tu comptes faire ?
- Je ne sais pas encore.
- Tu vas finir par perdre ta joie de vivre Zoïa.
- Oh Tom tu t'es mis de la crème partout.
- Quoi ? Où ça ?!
- Lààà. »
- Je ne sais pas encore.
- Tu vas finir par perdre ta joie de vivre Zoïa.
- Oh Tom tu t'es mis de la crème partout.
- Quoi ? Où ça ?!
- Lààà. »
Et prononçant cela, je saisis une grosse poignée de chantilly avant de l'étaler sur Tom, de son front jusqu'à son menton et d'essuyer ce qu'il en reste sur sa joue. Ton frère ne bouge pas et termine ce qu'il reste de sa glace en silence. J'éclate de rire à la vision de Tom, le visage rempli de crème, achevant paisiblement ce qu'il est en train de faire. Tom prend toujours son temps pour tout. C'est comme le calme avant la tempête. Il se lève et range lentement tout ce qu'il a sortit avant de se ruer sur moi. Je me retrouve le dos au sol et le sourire de ton frère ne présage rien de bon. Tenant fermement mes poignets, il colle son visage au mien pour étaler tout ce qu'il peut et je ris à en avoir mal à la tête. Lorsque je rentre dans la chambre, tu n'es toujours pas rentré. Alors je mens à ton frère pour qu'il ne s'inquiète pas et file sous la douche, dont je ressors pour constater que le lit est encore vide. Perdue, confuse, inquiète je m'endors finalement ton écharpe contre mon coeur. Tu ne rentres que trois heures plus tard, ta discrétion légendaire me tirant de mon sommeil. Tes pas mal assurés sur le sol de la chambre me persuadent que tu as bu. Je me félicite d'être tournée vers l'extérieur du lit pour ne pas sentir ton regard sur moi. Tu t'installes à mes côtés en silence. Je sens la chaleur de ton corps contre le mien et dans un élan de courage, je me retourne pour te faire face. Ta main s'approche de la joue que tu as violentée quelques heures plus tôt tandis que mes yeux encore endormis se posent lentement sur les tiens.
« - Pardonnes moi.
- Je suis fatiguée de tout ça Bill.
- Je crois qu'on devrais faire un break.
- Fuir c'est ton nouveau truc ?
- C'est mieux pour nous.
- Faux. C'est mieux pour toi parce que ça t'éviteras de me parler franchement.
Et si tu ne prévois pas de le faire un jour, il n'y aucun intérêt à prendre simplement nos distances. Je ne vois pas pourquoi tu ne m'as pas tout bonnement proposer de rompre.
Les choses ne s'arrangeront pas d'elles mêmes.
- Zoîa.
- Bonne nuit Bill. »
- Je suis fatiguée de tout ça Bill.
- Je crois qu'on devrais faire un break.
- Fuir c'est ton nouveau truc ?
- C'est mieux pour nous.
- Faux. C'est mieux pour toi parce que ça t'éviteras de me parler franchement.
Et si tu ne prévois pas de le faire un jour, il n'y aucun intérêt à prendre simplement nos distances. Je ne vois pas pourquoi tu ne m'as pas tout bonnement proposer de rompre.
Les choses ne s'arrangeront pas d'elles mêmes.
- Zoîa.
- Bonne nuit Bill. »
Je n'attend aucune réponse et te tourne brusquement le dos. Tu ne bouges pas, ne dis pas un mot et finis par rabattre le drap sur ton corps. Des larmes s'échappent de mes yeux silencieusement et je m'endors ton souffle perdu dans ma nuque. Dans la nuit, tu t'agites, te lèves, te recouches, te rendors et ton insomnie passagère finit par avoir raison de mon sommeil. Je me lève sur la pointe des pieds et sors sur le balcon te volant au passage une cigarette. Apaisée et frigorifiée, je me faufile à nouveau près de toi et à ma grande surprise tu ne dors toujours pas. Tu réduis la distance entre nous, passes l'un de tes bras autour de ma taille. J'en sursaute, j'en frissonne quelque peu et alors que mes yeux se ferment, tu approches ton visage de mon oreille.
« Rompre reviendrait à renoncer à toi. Et renoncer à toi je ne le veux pas.
Je t'aime plus que tu ne le crois. »
Je t'aime plus que tu ne le crois. »
