__ V i e r « Tout finit par s'égrainer »__

__ V i e r « Tout finit par s'égrainer  »__

La presse, les médias, les radios mentent mieux que toi. Ils font passer chacun d'entre vous - à quelques exceptions près - pour ce qu'il n'est pas ou plus dans ton cas. Tu donnes le ton : une bonne image, des sourires, un Bill Kaulitz apparemment sain, heureux, amoureux, simple. Et tout le monde se perd dans cette illusion. Des milliers de gens n'ont en tête qu'un Gustav angélique, grand timide, se retranchant derrière sa batterie et profondément gentil en passant. Tout ça sonne extrêmement faux et nombreux sont ceux qui passent à coté d'une réalité bien plus navrante. Auréolés de cette réputation depuis vos débuts, je me suis avancée sans crainte vers celui qui semblait le plus abordable, le plus accessible avant d'en être profondément déçue. Gustav s'avéra être l'opposé de ce qu'il paraissait. Il s'écoula plus de trois semaines avant qu'il ne daigne me reparler et j'eus dans l'idée qu'il aurait bien mieux fait de s'abstenir. Chacunes de mes actions, chacun de mes gestes, de mes avis étaient immédiatement suivis par une remarque de sa part. La seule chose à laquelle il ne s'attendait pas était de me voir répliquer sur l'instant, lui énonçant chacunes des ses quatre vérités mes yeux dans les siens. Gustav appris à me haïr ce jour là. Je mis du temps à comprendre qu'il agissait de la même façon avec chacun des membres du groupe, sauf peut être avec toi et tu me promis qu'un jour entre lui et moi tout s'arrangerait. Je n'espérais rien et Gustav ne me porte toujours pas dans son coeur.


Reste que je voudrais encore remonter au temps où tes promesses valaient encore quelque chose. Cette promesse de s'aimer encore encore et encore ce matin de Juillet. Et ta promesse de ne plus jamais me décevoir comme tu me déçus le soir même. La promesse de ne plus céder à ces tentations qui vont de concert avec le succés. Bien sûr, tu ne tenus aucune d'entre elles. Je crois que c'est à partir de ce moment là que mon amour pour toi commença à s'éfritter. La première distance. Le premier sachet. Le premier parachute. Les premières fois où tu t'éloignas de moi, euphorique et sans te rendre compte que tu me faisais souffrir. Tout n'a été qu'une succession par la suite. Et tu me trouvas un soir les larmes au corps de peur de te perdre, toi aussi à cause de cette merde. Ton égoiste personne oublia tout ce que je lui avais confiée et ne cherchant pas à comprendre, tu m'entrainas - vulnérable - avec toi dans cette folie, pour la seule et unique fois. Tu ne vêcus quelques semaines que pour ces instants. Tu décrochas au moment où le mal était déjà fait. Tu fis tout pour ne plus m'y faire penser et je te pardonnais à demi-mots, sans en être moi même convaincue. Parallèlement, tu changeas du tout au tout. Le Bill Kaulitz, le gentil, le souriant, le bavard, l'ange laissa place à tout autre chose dans la vie de tout les jours. Tes exigences de star augmentèrent au fur et à mesure du succès du groupe. Aucun restaurant ne te satisfaisait. Les hôtels n'étaient plus assez bien pour toi. Une chambre ne te suffisait pas, il te fallait une suite. Ta panoplie de Bill Kaulitz édulcoré ne te quittait plus dès lors que tu mettais un pied dans la rue. Un jour tu arrêtas tes petites attentions régulières à mon égard, celles venant de ta propre initiative pour d'autres, largement plus impersonnelles, et choisies par les soins d'une assistante changeant chaque semaine. Et voilà ce qui expliquais pourquoi j'avais en ma possession plusieurs cadeaux quasiment identiques. Je le découvris un soir où pour une fois tu remarquas un bracelet qui ornait mon poignet. Et machinalement tu t'interrogeas sur sa provenance. Je n'eus même pas le coeur de répondre. Même nos moments en tête à tête - hormis nos nuits - ne portèrent plus ta griffe. On choisissait pour toi et il faut croire que cela te plaisait. J'eus l'impression de n'être qu'une tâche de plus à ton emploi du temps. Je rêvais d'une sortie improvisée, sans faux semblant, où le temps n'est pas un problème, où le luxe n'est pas nécessaire, où la seule chose qui importe c'est nous, toi et moi. Bill & Zoïa.











*





« - Allez Tom montes en encore quelques unes.

- Ché pas fachile, tu veux pas redechendres un peu ?

- Si tu passais un peu plus de temps à monter ces foutues marches et moins à manger tu serais dejà en haut.

- Ché bon ché faim. Et puis chui cherré là dedans.

Chi tu déchends chinq marches je te rechoins chans rien dire. »



Et le compromis me parait honnête. Je met quelques trois secondes à redescendre les marches, tenant fermement l'étui à guitare de Tom dans ma main droite et finis par m'asseoir en attendant ton jumeau qui malgré tout continue à pester sur chaque mètre qui nous sépare. En chemin, il prend le temps de terminer la gauffre au sucre qu'il s'était précipité d'acheter dès que sa faim s'était faite sentir à la sortie d'un parc dont j'ignore le nom. Avant de sortir de l'hôtel, il avait pris soin de se camoufler autant qu'il le pouvait. Il arborait un pantalon trois fois moins large qu'à l'habitude, un t-shirt kaki uni qu'il avait du t'emprunter, et ses dreads ne ressemblaient plus qu'à une horrible masse informe dissimulées sous un bonnet gris. Ton frère avait tenu la promesse qu'il m'avait faite sur la piste de danse : celle de me faire visiter Paris avant notre départ. Alors nous avions rapidement fait le tour de l'essentiel en une après-midi. Et Tom avait bravé la peur de se faire pourchasser si on le reconnaissait pour tenir sa parole. Malgré la foule qui se presse dans cette endroit qu'il m'as dit s'appeler Montmartre, ton jumeau semble plus détendu que jamais, bien qu'un brin étriqué dans cet accoutrement dont il n'a pas l'habitude. Pour ma part, je me suis parée d'un simple jean et d'un large pull blanc dévoilant mon épaule gauche. Mes cheveux bruns sont attachés de manière classique, j'ai noué une de tes écharpes autour de mon cou - j'ai toujours aimé ton parfum - et des lunettes de soleil - bien qu'elles n'aient pas grande utilité - trônent sur le haut de ma tête. Ton frère et moi formons un couple plutôt atypique et nos conversations en allemand ne doivent que renforcer cette effet auprès des frenchies. Tom s'assoit près de moi et étale ses jambes en contrebas. Et je l'écoute un moment, la tête posée sur son épaule, lui et ses doigts glissant sur les cordes de sa guitare sèche, reprenant les plus grands et les arrangeant à sa sauce. Ma mine absente devant le coucher du soleil le force à s'arrêter et à passer un de ses bras autour de mes épaules.





« - Qu'est-ce qu'on fait ici ?

- On visite Paris. Et Paris sans Montmartre tu sais, c'est pas Paris.

- D'où tu sors ça ?

- D'une nuit avec une parisienne.

- Qu'est que j'en sais après tout. C'est beau quand même.

- Te forces pas à t'y intéresser si ta tête est ailleurs Zoïa. Profites juste. »




Et l'odeur familière de ton écharpe me fait instantanément songer à toi. Je pense à cette gifle, à tes larmes sur le sol de la salle de bain. Je me rends compte que tu vas mal, aussi mal que je peux l'être, si ce n'est plus. J'ignore ce qui te pousses à changer à ce point et de ce fait, je ne peux rien pour toi. Quand bien même je voudrais t'aider plus que tout Bill, ta fierté me repousserait aussi violemment que ce geste que tu as eu envers moi. Je caresse ma joue, récemment meurtrie par la paume de ta main et enfouis mon visage dans ton écharpe. Je m'enivre d'une des seules choses qui ne change pas chez toi tandis que la main de Tom caresse à son tour la proximité de mes lèvres.





« - T'as mal ?

- Non

- Il est tombé bien bas.

- Je ne sais plus où on va tout les deux. Il a tellement changé Tom. Tellement.

- Je sais mais c'est toujours Bill.

- Pas le Bill que j'aime.

- Alors quittes le Zoïa si tu penses que c'est la meilleure solution.

- Justement, je ne sais pas quelle est la meilleure solution.

- Tu te souviens de l'autre chose que je t'ai dit hier ?

- Oui.

- Tu mérites mieux que Bill

- C'est avec toi que j'devrais sortir.

- Tu mérites aussi mieux que moi. »

# Posté le vendredi 02 mai 2008 11:48

Modifié le dimanche 19 juillet 2009 09:10